Les statistiques de la consultation publique sur la révision de la directive tabac figurent désormais sur la page de l’initiative : 41 694 contributions jugées valides. La Pologne en fournit 34,34 % à elle seule, la France 2,93 %. Aucune date n’accompagne ce décompte.
Où ces chiffres se trouvent, et pourquoi ils ne sont pas datés
La rubrique Consultation outcome de la page Have your say consacrée à l’initiative 17612 affiche trois graphiques et un total : 41 694 contributions valides, la mention précisant que seules les réponses respectant les règles de participation sont comptées. Le questionnaire était ouvert du 22 mai au 14 août 2026.
Une réserve doit être posée d’emblée. La page ne porte aucun horodatage : elle indique seulement que les données sont mises à jour régulièrement. Impossible, donc, de dire quand ce décompte a été arrêté ni s’il bougera encore. Nous écrivons pour cette raison que les chiffres figurent sur la page, et non que la Commission vient de les publier. Notre article du 18 août consacré à la clôture de la consultation relevait qu’aucun décompte n’était alors publié : ce point est levé, la date de publication ne l’est pas.
Une participation très inégale d’un pays à l’autre
Le graphique par pays liste cent origines. Nous en avons relu les couples un par un, plutôt que d’apparier une colonne de chiffres et une colonne de noms. La Pologne arrive très largement en tête avec 14 310 contributions, soit 34,34 % du total. Suivent la Suède (3 694, 8,86 %), la Tchéquie (3 150, 7,56 %), l’Espagne (2 645, 6,35 %), la Roumanie (1 904), la Lettonie (1 622), l’Italie (1 616), l’Allemagne (1 594), la Lituanie (1 528) et la Slovaquie (1 239). La France vient au onzième rang, avec 1 220 contributions, soit 2,93 %. La Macédoine du Nord, qui n’est pas membre de l’Union, en compte 1 141.
Un détail mérite d’être signalé : la somme des cent pays donne 41 675, soit dix-neuf de moins que le total annoncé. La page n’explique pas cet écart.
Un répondant sur vingt déclare moins de quinze ans
Par catégorie, les citoyens de l’Union représentent 35 678 réponses (85,57 %) et les ressortissants de pays tiers 4 117 (9,87 %). Les entreprises pèsent 1 079 réponses (2,59 %), les associations professionnelles 157, les organisations non gouvernementales 135, les institutions académiques 59, les organisations de consommateurs et les autorités publiques 33 chacune, les syndicats 22 et les organisations environnementales 5. La catégorie autres compte 376 réponses.
La répartition par âge appelle une lecture attentive, parce qu’elle n’est pas calculée sur le même total. Sa base est constituée des 39 795 répondants ayant renseigné leur âge, et non des 41 694 contributions. Sur cette base, les 30-65 ans forment 25 989 réponses (65,31 %), les 15-29 ans 9 829 (24,70 %), les moins de 15 ans 1 922 (4,83 %), les plus de 65 ans 1 402 (3,52 %), et 653 personnes ont préféré ne pas répondre.
Deux totaux qu’il ne faut pas additionner
La même initiative a donné lieu à deux exercices distincts, et leurs totaux circulent souvent mêlés. L’appel à contributions, ouvert du 18 mai au 15 juin 2026 sous la référence Ares(2026)5013006, a recueilli 82 168 contributions. Le questionnaire de consultation publique, lui, en a recueilli 41 694 valides. Ce sont deux comptages séparés, portant sur deux dispositifs de participation différents : les additionner, ou prendre l’un pour l’autre, fausse toute lecture. Nous l’avions déjà signalé en rendant compte de la critique adressée à la consultation par le Comité national contre le tabagisme.
Analyse de VAP|LAB : une photographie sans légende
Ces chiffres disent qui a répondu. Ils ne disent pas ce qui a été répondu. La rubrique Consultation outcome ne contient à ce stade aucun rapport de synthèse : ni restitution des positions, ni dépouillement thématique. On connaît la forme de la participation, pas son contenu.
Il faut aussi résister à la tentation de lire ces pourcentages comme un scrutin. Une consultation n’est pas un vote : la Commission n’est pas tenue de suivre une majorité de répondants, et le poids d’un pays dans le décompte ne se convertit en aucun poids juridique. Le tiers polonais raconte une mobilisation nationale réussie, ce qui est une information en soi, et rien de plus.
Pour un lecteur français, la donnée utile est plutôt la faiblesse relative de la participation hexagonale : 1 220 réponses sur un exercice qui prépare la prochaine directive applicable en France. L’échéance qui compte reste l’adoption par la Commission, annoncée sur la même page pour le quatrième trimestre 2026, sous la forme d’une proposition de directive. Nous en rendrons compte article par article, quand le texte existera.
En bref
Questions fréquentes
Combien de réponses la consultation européenne a-t-elle recueillies ?
41 694 contributions jugées valides, pour un questionnaire ouvert du 22 mai au 14 août 2026. Le chiffre figure sur la page de l'initiative, sans date de publication.
Pourquoi lit-on parfois plus de 80 000 réponses ?
Parce que deux exercices ont été menés. L'appel à contributions, ouvert du 18 mai au 15 juin 2026, a recueilli 82 168 contributions. C'est un comptage distinct de celui du questionnaire.
La Commission est-elle tenue de suivre ces résultats ?
Non. Une consultation publique n'est pas un vote et n'oblige pas la Commission. L'adoption de la proposition de directive est annoncée pour le quatrième trimestre 2026.









































