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France : « Complément d’enquête » consacre un reportage aux cigarettiers dans la vape

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Le magazine « Complément d’enquête » a diffusé le 19 mars 2026 sur France 2 un reportage consacré à l’entrée des cigarettiers sur le marché du vapotage. Le sujet vise les pratiques commerciales des multinationales du tabac. La filière indépendante lui reproche de n’avoir pas distingué les deux réalités.

Le sujet du reportage

L’enquête porte sur la stratégie des grands groupes du tabac, qui commercialisent désormais des produits de vapotage et de tabac à chauffer tout en poursuivant la vente de cigarettes.

Elle documente les campagnes de communication de ces groupes autour d’un avenir sans fumée, qui ont déjà valu à Philip Morris une condamnation pour publicité illicite, et les met en regard de la part que le tabac combustible continue de représenter dans leurs résultats.

Le sujet n’est pas nouveau. Il fait l’objet de travaux réguliers d’organisations de santé publique et a été abordé lors de la conférence des parties à la convention antitabac, en novembre 2025 à Genève.

Deux réalités industrielles distinctes

La critique adressée au reportage porte sur un point précis : il traite du marché français du vapotage à travers les pratiques des cigarettiers, alors que ces derniers n’en représentent qu’une partie.

Selon la fédération professionnelle du secteur, les entreprises indépendantes représentent environ 85 % du marché français. Ce chiffre est produit par une partie prenante et ne fait l’objet d’aucune validation indépendante.

Il n’existe pas, en France, de statistique publique du marché des produits du vapotage. Ces produits ne supportant aucun droit d’accise, ils échappent au suivi douanier qui permet de mesurer le tabac. Toute affirmation sur la structure de ce marché repose donc sur des sources professionnelles.

Une confusion aux effets concrets

L’assimilation entre la filière indépendante et les cigarettiers n’est pas seulement une question d’image. Elle a pésé dans le débat budgétaire de l’automne 2025, où l’article 23 du projet de loi de finances proposait de fiscaliser l’ensemble des produits à fumer sous un même régime.

Elle pèsera également dans la révision de la réglementation européenne, dont les travaux préparatoires traitent les produits nicotinés comme un ensemble.

Analyse de VAP|LAB : distinguer sans se plaindre

Le reproche adressé à ce reportage est fondé sur les faits : la structure du marché français n’est pas celle du marché mondial, et l’ignorer conduit à des raccourcis.

Il ne dispense pas la filière de répondre aux questions posées. Les pratiques des cigarettiers sur les produits nicotinés sont un sujet légitime d’enquête journalistique, et le fait que ces groupes soient désormais présents sur ce marché est une réalité qu’aucun professionnel ne conteste.

La posture de la victime médiatique n’a jamais convaincu personne. Ce qui peut convaincre, ce sont des données vérifiables sur la composition réelle du secteur. Elles n’existent pas aujourd’hui sous forme publique, et c’est peut-être le premier problème à résoudre.

Sources

En bref

Questions fréquentes

Les cigarettiers dominent-ils le marché français du vapotage ?

Aucune donnée publique ne permet de le dire. La fédération professionnelle du secteur avance que les entreprises indépendantes représentent environ 85 % du marché français, mais ce chiffre est produit par une partie prenante et ne fait l’objet d’aucune validation indépendante. Il n’existe pas, en France, de statistique publique du marché des produits du vapotage.

Pourquoi n’existe-t-il pas de chiffres publics sur ce marché ?

Parce que ces produits ne supportent aucun droit d’accise et échappent donc au suivi douanier qui permet de mesurer le tabac. Toute affirmation sur la structure du marché repose sur des sources professionnelles, sans contrepartie publique. C’est peut-être le premier problème à résoudre pour la filière : sans données vérifiables, elle ne peut opposer que des déclarations.

Cette confusion a-t-elle des conséquences concrètes ?

Oui. Elle a pesé dans le débat budgétaire de l’automne 2025, où l’article 23 du projet de loi de finances proposait de fiscaliser l’ensemble des produits à fumer sous un même régime. Elle pèsera aussi dans la révision de la réglementation européenne, dont les travaux préparatoires traitent les produits nicotinés comme un ensemble.

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