Une pétition lancée mi-octobre 2025 par la Fédération interprofessionnelle de la vape a recueilli près de cent mille signatures en trois jours. Intitulée « Vaper n’est pas fumer. Lettre à nos élus », elle vise l’article 23 du budget 2026.
Une mobilisation d’une rapidité inhabituelle
Cent mille signatures en soixante-douze heures est un rythme rare pour une pétition sectorielle, a fortiori sur un article de loi de finances déposé quelques jours plus tôt. Il traduit à la fois l’ampleur du réseau de points de vente et l’existence d’une communauté d’usagers structurée.
La rapidité tient largement au canal. Le secteur compte plusieurs milliers de points de vente spécialisés, qui reçoivent chaque jour une clientèle d’habitués : une pétition relayée en caisse touche en quelques jours un public que les campagnes exclusivement en ligne mettent beaucoup plus longtemps à constituer. C’est ce maillage physique, autant que la diffusion numérique, qui distingue cette collecte d’une pétition ordinaire.
Rapportées à une population de vapoteurs que les enquêtes situent autour de 8 % des adultes, cent mille signatures ne représentent qu’une fraction des usagers. Le chiffre reste néanmoins élevé pour une mobilisation sectorielle, et c’est sa vitesse d’acquisition qui constitue le fait notable.
Le texte a été relayé en boutique, sur les réseaux sociaux et par plusieurs associations d’usagers. Le mot-dièse qui l’accompagnait a circulé largement, donnant au sujet une visibilité qu’il n’avait jamais eue dans les médias généralistes.
La pétition a été hébergée sur une plateforme privée. Il ne faut pas la confondre avec les pétitions déposées sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale, dont l’une portait sur le même sujet et n’a rassemblé que quelques dizaines de signatures.
L’argument porté par le texte
La pétition vise l’article 23 dans son ensemble, c’est-à-dire les trois dispositions qu’il réunit : la création d’une accise sur les liquides, l’agrément administratif imposé aux vendeurs et la fin de la vente à distance. Les deux dernières ne portent pas sur le prix mais sur les conditions d’exercice du commerce.
Son intitulé résume l’argument avancé : contester l’assimilation des produits du vapotage aux produits du tabac, sur laquelle repose l’architecture de l’article. Le débat de fond porte donc moins sur le montant d’une taxe que sur la catégorie juridique dans laquelle ces produits sont rangés.
Ce qu’une pétition peut et ne peut pas faire
Une pétition privée n’a aucun effet juridique. Elle ne déclenche ni examen parlementaire, ni obligation de réponse. Son rôle est politique : démontrer l’existence d’une opposition organisée.
Sur la plateforme de l’Assemblée nationale, en revanche, une pétition qui atteint 100 000 signatures peut être transmise à la conférence des présidents, et 500 000 signatures ouvrent la possibilité d’un débat en séance. Ces seuils n’ont pas été atteints sur ce dossier.
Les chiffres avancés par la filière
La fédération évalue à 25 000 le nombre d’emplois du secteur, en additionnant 20 000 emplois directs et 5 000 indirects. Elle revendique représenter 85 % du marché français. Aucune statistique publique ne permet de recouper ces ordres de grandeur, pas même l’assiette taxable que le gouvernement cherche à chiffrer.
Ces chiffres ne reposent sur aucune méthodologie publiée. Ils sont produits par une partie prenante au débat, comme le sondage annuel que la même fédération commande sur la perception du vapotage. Cela ne les rend pas faux, mais impose de les attribuer explicitement chaque fois qu’ils sont cités.
Analyse de VAP|LAB : citer les chiffres avec leur origine
Cette séquence a produit beaucoup de chiffres, tous d’origine professionnelle, tous repris tels quels par la presse. Aucune statistique publique ne permet de les recouper, faute de suivi officiel de ce marché.
Nous continuerons à les citer, parce qu’ils sont les seuls disponibles, et à préciser à chaque fois qui les produit. C’est la seule façon honnête de rendre compte d’un débat où les données manquent.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Cette pétition oblige-t-elle l’Assemblée nationale à examiner le sujet ?
Non. Elle a été hébergée sur une plateforme privée et n’a aucun effet juridique : elle ne déclenche ni examen parlementaire, ni obligation de réponse. Son rôle est politique, il consiste à démontrer l’existence d’une opposition organisée. Il ne faut pas la confondre avec les pétitions déposées sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale.
Quels seuils faut-il atteindre sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale ?
Une pétition qui atteint 100 000 signatures sur cette plateforme peut être transmise à la conférence des présidents ; 500 000 signatures ouvrent la possibilité d’un débat en séance. Ces seuils n’ont pas été atteints sur ce dossier : la pétition officielle portant sur le même sujet n’a rassemblé que quelques dizaines de signatures.
D’où vient le chiffre de 25 000 emplois avancé pour le secteur ?
De la fédération professionnelle, qui additionne 20 000 emplois directs et 5 000 indirects et revendique représenter 85 % du marché français. Ces chiffres ne reposent sur aucune méthodologie publiée et sont produits par une partie prenante au débat. Aucune statistique publique ne permet de les recouper, faute de suivi officiel de ce marché. Cela ne les rend pas faux, mais impose de les attribuer.




































