L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives a publié le 25 mai 2025 le volet vapotage du Baromètre santé 2023. Parmi les 18-75 ans, 8,3 % déclarent utiliser la cigarette électronique et 6,1 % le font tous les jours. L’expérimentation, elle, a presque doublé en neuf ans.
Quatre adultes sur dix ont déjà essayé
La proportion d’adultes déclarant avoir vapoté au moins une fois dans leur vie atteint 41,8 % en 2023, contre 25,7 % en 2014. En neuf ans, l’expérimentation a donc progressé de seize points. Elle concerne désormais plus de quatre adultes sur dix.
Cette progression ne se traduit pas mécaniquement par une hausse équivalente de l’usage. Entre avoir essayé une fois et vapoter au quotidien, l’écart reste considérable : 41,8 % d’un côté, 6,1 % de l’autre. La très grande majorité de ceux qui ont testé la cigarette électronique ne l’utilisent pas aujourd’hui.
Ce décalage est stable d’une édition à l’autre du Baromètre. Il constitue l’un des résultats les plus constants de ce type d’enquête, en France comme ailleurs en Europe, où la part d’usagers n’ayant jamais fumé est régulièrement discutée, et il invite à la prudence quand un chiffre d’expérimentation est présenté comme une mesure de diffusion.
Un usage quotidien qui plafonne
8,3 % des 18-75 ans déclarent un usage actuel de la cigarette électronique. L’usage quotidien concerne 6,1 % de la population adulte. Les hommes vapotent quotidiennement un peu plus souvent que les femmes : 6,8 % contre 5,4 %.
L’OFDT relève que le vapotage touche l’ensemble des catégories de la population adulte française. L’enquête ne fait apparaître aucun profil socioprofessionnel nettement dominant, contrairement à ce que l’on observe pour le tabagisme, où les écarts entre catégories sociales sont marqués et documentés de longue date, y compris dans les périodes de recul de la consommation.
Des écarts régionaux nets
La Bretagne et la Normandie affichent les taux d’usage quotidien les plus élevés, respectivement 8,5 % et 8,1 %. L’écart avec les régions les moins concernées dépasse trois points, ce qui est considérable rapporté à une moyenne nationale de 6,1 %.
L’étude ne propose pas d’explication à ces différences. Elles recoupent partiellement la géographie du tabagisme sans s’y superposer exactement, ce qui interdit d’y voir un simple reflet des habitudes tabagiques régionales. D’autres facteurs entrent probablement en jeu, notamment la densité du réseau de distribution, que l’enquête ne mesure pas.
Ce que l’enquête mesure, et ce qu’elle ne mesure pas
Le Baromètre santé repose sur des déclarations recueillies par téléphone auprès d’un échantillon représentatif. Il ne comporte aucune mesure biologique. Les chiffres décrivent donc ce que les personnes interrogées disent de leur consommation, pas ce qu’un dosage établirait.
L’enquête ne suit pas non plus les mêmes personnes d’une édition à l’autre. Elle photographie une population à un instant donné, elle ne retrace pas de trajectoires individuelles. Les comparaisons entre 2014 et 2023 portent sur deux photographies, pas sur un film. On ne peut donc pas en déduire ce que sont devenus les vapoteurs de 2014.
Enfin, la collecte date de 2023 et la publication de 2025. Deux ans séparent le terrain de sa diffusion, un délai habituel pour ce type d’enquête mais qu’il faut avoir en tête au moment de commenter des chiffres présentés comme actuels.
Analyse de VAP|LAB : un socle de chiffres, pas une démonstration
Ces données vont servir de référence pendant deux ou trois ans, le temps que paraisse l’édition suivante. Elles seront citées dans les débats parlementaires, dans les rapports d’agence et dans la presse généraliste, souvent sans leurs réserves méthodologiques.
Elles méritent d’être lues pour ce qu’elles sont : une mesure statistique de la place du vapotage dans la population française. Ni plus, ni moins. Les commentaires qui en tireront des conclusions sur la nocivité ou l’utilité de la cigarette électronique iront au-delà de ce que cette enquête permet d’établir. Elle compte des usagers, elle n’évalue pas un produit.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Pourquoi 41,8 % des adultes ont déjà vapoté alors que 6,1 % seulement le font tous les jours ?
Parce que l’expérimentation et l’usage sont deux mesures différentes. Le Baromètre santé compte d’un côté les personnes ayant essayé la cigarette électronique au moins une fois dans leur vie, de l’autre celles qui l’utilisent quotidiennement. La très grande majorité de celles qui ont testé le produit ne l’utilisent pas aujourd’hui. Cet écart est stable d’une édition de l’enquête à l’autre, en France comme ailleurs en Europe.
Le Baromètre santé permet-il de savoir combien de vapoteurs sont d’anciens fumeurs ?
Non. Le Baromètre santé de l’OFDT interroge un échantillon différent à chaque édition et ne suit pas les mêmes personnes dans le temps. Il photographie une population à un instant donné, il ne retrace pas de parcours individuels. Cette enquête compte des usagers du vapotage à une date ; elle n’établit ni d’où ils viennent, ni ce qu’ils deviennent.
Ces chiffres publiés en mai 2025 décrivent-ils la situation actuelle ?
Pas exactement. Les données ont été collectées en 2023 et publiées en mai 2025 : deux ans séparent le terrain de sa diffusion, un délai habituel pour ce type d’enquête. Elles décrivent donc la France de 2023. Aucune mesure plus récente de même ampleur n’est disponible, et il n’existe pas de suivi statistique annuel du vapotage comparable à celui du tabac.




































