La FIVAPE a publié le 27 mai 2026 l’édition annuelle de son sondage OpinionWay sur la perception du vapotage. 58 % des Français estiment que vapoter est aussi nocif que fumer, cinq points de plus qu’un an plus tôt. La perception s’est dégradée sur presque tous les items.
Cinq points de plus en un an
58 % des personnes interrogées jugent le vapotage aussi nocif que le tabac fumé, contre 53 % lors de l’édition précédente. Dans le même temps, 15 % le considèrent comme plus dangereux que la cigarette, soit un point de plus.
La part de ceux qui l’estiment moins nocif reste stable à 28 %. Ce n’est donc pas ce groupe qui recule, mais l’ensemble des réponses qui se déplace vers l’équivalence ou l’aggravation.
Sur un sondage annuel reconduit à l’identique, un écart de cinq points en douze mois sort du bruit statistique habituel. C’est le mouvement le plus net mesuré par cette série depuis son lancement.
La nicotine toujours associée au cancer
80 % des personnes interrogées pensent que la nicotine est cancérigène, contre 77 % l’année précédente. Les agences sanitaires distinguent pourtant la nicotine, qui entretient la dépendance et présente ses propres effets cardiovasculaires, des substances issues de la combustion, qui portent l’essentiel du risque cancérogène documenté.
Cette confusion est ancienne et remarquablement stable. Elle brouille la lecture de toutes les publications scientifiques ultérieures, puisqu’elle place d’emblée la nicotine au centre d’un risque qui n’est pas le sien.
Une enquête commandée par la filière
Ce sondage a été commandé et financé par la Fédération interprofessionnelle de la vape, syndicat professionnel du secteur. Les questions ont été administrées par un institut indépendant, OpinionWay.
La méthodologie détaillée n’est pas jointe à la publication. La taille exacte de l’échantillon et le libellé intégral des questions ne sont pas accessibles, ce qui interdit de vérifier la comparabilité stricte d’une édition à l’autre.
Le commanditaire a un intérêt direct au résultat. Cela ne disqualifie pas l’enquête, cela impose de le mentionner à chaque citation.
Trois mois après le rapport de l’ANSES
La collecte intervient environ trois mois après la publication de l’évaluation de l’ANSES, le 4 février 2026, et après la couverture médiatique qui l’a suivie.
La fédération établit un lien entre les deux. Le sondage ne permet pas de le démontrer : il mesure un état de l’opinion à un moment donné, il n’identifie pas ce qui l’a façonnée.
D’autres événements ont marqué la période, dont la diffusion d’un magazine d’enquête sur France 2 en mars et l’extension du Code européen contre le cancer au vapotage en février. Aucune méthode ne permet de départager ces influences.
Analyse de VAP|LAB : un thermomètre à lire dans la durée
Nous avions rendu compte de l’édition précédente en juin 2025 et annoncé que nous suivrions la suivante. C’est l’intérêt de ce type d’enquête : sa répétition annuelle, plus que ses valeurs absolues.
Ce que la série montre, c’est un écart durable et qui s’élargit entre l’état des publications scientifiques et ce que le public croit savoir. Ce constat vaut indépendamment de qui commande le sondage.
Il ne dit rien de la nocivité effective des produits. Un sondage mesure des opinions, pas des risques, et nous nous garderons de faire dire à celui-ci autre chose que ce qu’il mesure.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Cette dégradation de la perception est-elle due au rapport de l’ANSES ?
Le sondage ne permet pas de le démontrer. La collecte intervient environ trois mois après la publication de l’évaluation de l’ANSES et la couverture médiatique qui l’a suivie, et la fédération établit un lien entre les deux. Mais une enquête d’opinion mesure un état à un moment donné, elle n’identifie pas ce qui l’a façonné. D’autres événements ont marqué la période.
Un écart de cinq points en un an est-il significatif ?
Sur une série annuelle reconduite à l’identique, cinq points sortent du bruit statistique habituel : c’est le mouvement le plus net mesuré depuis le lancement de cette enquête. La réserve porte ailleurs : la méthodologie détaillée n’est pas jointe à la publication, ni la taille exacte de l’échantillon ni le libellé intégral des questions, ce qui interdit de vérifier la comparabilité stricte d’une édition à l’autre.
Pourquoi la nicotine est-elle si souvent associée au cancer ?
Le sondage ne l’explique pas, il constate la stabilité de cette croyance : 80 % des personnes interrogées jugent la nicotine cancérigène, contre 77 % un an plus tôt. Les agences sanitaires distinguent pourtant la nicotine, qui entretient la dépendance et présente ses propres effets cardiovasculaires, des substances issues de la combustion, auxquelles est attribué l’essentiel du risque cancérogène documenté.




































