La FIVAPE a publié le 31 mai 2025 un sondage réalisé par OpinionWay sur la perception du vapotage en France. Seuls 9 % des personnes interrogées situent correctement le niveau de risque de la cigarette électronique par rapport au tabac fumé. Et 77 % pensent que la nicotine est cancérigène.
Une perception majoritairement erronée
Le sondage mesure l’écart entre l’état des connaissances scientifiques publiées et ce que le public croit savoir, dans la lignée de l’enquête IFOP-Kumulus publiée au printemps. Sur la question du risque comparé, 9 % des répondants donnent une réponse conforme à l’état actuel des travaux disponibles.
Sur la nicotine, l’écart est plus large encore. 77 % des personnes interrogées la croient cancérigène. Les agences sanitaires distinguent pourtant la nicotine, qui entretient la dépendance et présente ses propres effets cardiovasculaires, des substances issues de la combustion du tabac, qui portent l’essentiel du risque cancérogène documenté.
Cette confusion n’est pas anodine. Elle brouille la lecture de toutes les publications scientifiques ultérieures, puisqu’elle place d’emblée la nicotine au centre d’un risque qui n’est pas le sien.
Un sondage commandé par la filière
Cette enquête a été commandée et financée par la Fédération interprofessionnelle de la vape, syndicat professionnel du secteur. Ce n’est pas une raison de l’écarter, c’est une raison de le dire.
Les questions ont été administrées par un institut indépendant, OpinionWay, mais le choix des thèmes et le moment de la publication répondent à un objectif de communication. La méthodologie détaillée, notamment la taille exacte de l’échantillon et le libellé intégral des questions, n’est pas jointe à la publication.
Un sondage commandé par une partie prenante n’est pas disqualifié pour autant. Il doit simplement être lu en sachant qui pose les questions et pourquoi.
Pourquoi cet écart compte
Une perception erronée du risque a des effets concrets. Elle oriente les décisions individuelles, elle nourrit le débat public et elle pèse sur les arbitrages réglementaires, qui sont pris par des responsables politiques eux-mêmes exposés à cette perception.
Le sondage ne dit pas d’où vient cet écart. Il en mesure l’ampleur à un moment donné, sans en établir les causes. La couverture médiatique, dont certaines alertes se révèlent infondées, les campagnes de santé publique et la communication des acteurs économiques y contribuent probablement, dans des proportions que cette enquête ne permet pas de départager.
Analyse de VAP|LAB : un thermomètre, pas un plaidoyer
Ce type d’enquête a une valeur documentaire réelle : il permet de suivre dans le temps l’évolution d’une perception collective. La FIVAPE le reconduit chaque année, ce qui rend les comparaisons possibles d’une édition à l’autre.
Il ne dit en revanche rien de la nocivité effective des produits. Un sondage mesure des opinions, pas des risques. Confondre les deux serait exactement le raccourci que nous reprochons à ceux qui commentent ces sujets sans les lire. Nous reviendrons sur l’édition suivante de cette enquête, qui permettra de voir si l’écart se resserre ou s’élargit.
Nous reviendrons chaque année sur cette enquête. Suivre une perception dans la durée a plus de valeur qu’en commenter une édition isolée, surtout sur un sujet où les campagnes de communication, les rapports d’agence et les couvertures de presse se succèdent sans que l’on sache lequel de ces facteurs pèse le plus.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Un sondage commandé et financé par la filière est-il crédible ?
Il n’est pas disqualifié pour autant, mais il doit être lu en sachant qui l’a commandé. Cette enquête a été financée par la FIVAPE, syndicat professionnel du secteur, et administrée par un institut indépendant, OpinionWay. Le choix des thèmes et la date de publication répondent à un objectif de communication. La méthodologie détaillée, dont la taille de l’échantillon et le libellé des questions, n’est pas jointe à la publication.
Que disent les agences sanitaires du caractère cancérigène de la nicotine ?
Elles distinguent la nicotine des substances produites par la combustion du tabac. La nicotine entretient la dépendance et présente ses propres effets, notamment cardiovasculaires ; l’essentiel du risque cancérogène documenté est attribué aux composés issus de la combustion. Dans ce sondage, 77 % des personnes interrogées croient pourtant la nicotine cancérigène. C’est cet écart de perception que l’enquête mesure : elle n’évalue aucun produit.
Ce sondage établit-il que la cigarette électronique est moins risquée que le tabac fumé ?
Non. Une enquête d’opinion mesure ce que les personnes interrogées croient, pas le niveau de risque d’un produit. Elle constate ici que 9 % des répondants situent le risque comparé conformément à l’état des travaux publiés. Établir un niveau de risque relève d’études toxicologiques et épidémiologiques, pas d’un sondage. Confondre les deux serait un contresens.




































