L’OFDT a publié le 30 mai 2025 son bilan annuel du marché du tabac. Les ventes de cigarettes ont reculé de 12 % en volume sur l’année 2024, celles de tabac à rouler de 13 %. Le chiffre d’affaires du secteur atteint néanmoins 19,3 milliards d’euros.
Un recul des volumes de plus de dix pour cent
La baisse est nette et concerne les deux principaux segments. Les cigarettes manufacturées perdent 12 % de leurs volumes, le tabac à rouler 13 %. Ces reculs prolongent une tendance engagée depuis plusieurs années et s’inscrivent dans le sillage des hausses de prix successives.
L’OFDT rappelle systématiquement que les volumes vendus dans le réseau des buralistes ne mesurent pas la consommation réelle. Les achats transfrontaliers, les importations personnelles, qu’une proposition parlementaire a cherché à plafonner et le marché parallèle échappent à cette comptabilité, et rien n’indique qu’ils évoluent au même rythme que les ventes officielles.
L’écart entre ventes légales et consommation réelle fait l’objet d’estimations divergentes, dont certaines sont produites par l’industrie du tabac elle-même. Aucune de ces estimations ne fait consensus.
Un chiffre d’affaires qui résiste
Malgré la chute des volumes, le secteur affiche 19,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La mécanique est simple : les hausses de prix successives compensent, et parfois surcompensent, la baisse des quantités vendues.
Cet écart entre volumes et valeur est au cœur des arbitrages budgétaires. Il explique que la fiscalité du tabac reste une ressource significative pour les finances publiques alors même que la consommation déclarée recule. C’est aussi ce qui rend la question de nouvelles assiettes fiscales récurrente à chaque loi de finances, dans un contexte où le rendement des taxes sur le tabac est régulièrement questionné.
Ce que ce bilan dit du vapotage
Rien, directement. Le bilan de l’OFDT porte sur les livraisons de produits du tabac aux buralistes. Il ne comporte aucune donnée sur les ventes de produits du vapotage, qui relèvent d’un circuit de distribution distinct et ne font l’objet d’aucune remontée statistique équivalente.
C’est une limite importante à garder en tête : il n’existe pas, en France, de mesure officielle du volume du marché de la vape comparable à celle dont dispose l’administration pour le tabac. Les produits du vapotage ne sont soumis à aucune accise, donc à aucun suivi douanier systématique. C’est l’un des obstacles que rencontrent les projets récurrents de taxation de la vape.
Cette absence de données publiques pèserait sur tout projet de taxation : chiffrer le rendement d’une accise suppose de connaître l’assiette, ce qui n’est pas le cas ici.
Analyse de VAP|LAB : deux marchés, deux thermomètres
Les chiffres du tabac sont publics, annuels et documentés. Ceux de la vape ne le sont pas. Cette asymétrie a une conséquence pratique : chaque fois qu’un débat s’ouvre sur la taille ou le poids économique du secteur, les seuls chiffres disponibles viennent des acteurs eux-mêmes.
Nous les citerons quand nous les utiliserons, en indiquant systématiquement qui les produit. Un chiffre de fédération professionnelle n’a pas le même statut qu’une statistique publique, et le lecteur a le droit de savoir de quoi il s’agit. C’est une règle que nous nous appliquerons y compris quand les chiffres nous arrangent.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Un recul des ventes de 12 % signifie-t-il que les Français ont autant réduit leur consommation ?
Non. Le bilan de l’OFDT mesure les livraisons de tabac au réseau des buralistes, pas la consommation réelle. Les achats transfrontaliers, les importations personnelles et le marché parallèle échappent à cette comptabilité, et rien n’indique qu’ils évoluent au même rythme que les ventes officielles. L’écart entre ventes légales et consommation fait l’objet d’estimations divergentes, dont aucune ne fait consensus.
Existe-t-il des chiffres officiels équivalents pour le marché de la vape ?
Non. Il n’existe pas en France de mesure publique du volume du marché des produits du vapotage comparable au bilan annuel du tabac. Ces produits ne supportent aucun droit d’accise, donc aucun suivi douanier systématique. Les seuls chiffres disponibles proviennent des acteurs du secteur eux-mêmes, ce qui impose d’indiquer à chaque fois qui les produit.
Comment le chiffre d’affaires atteint-il 19,3 milliards d’euros alors que les volumes chutent ?
Parce que les hausses de prix successives compensent, et parfois surcompensent, la baisse des quantités vendues. Les volumes de cigarettes reculent de 12 % et ceux du tabac à rouler de 13 % en 2024, mais la valeur du marché tient. Ce décalage entre volume et valeur explique que la fiscalité du tabac reste une ressource significative pour les finances publiques.




































