L’OFDT a publié le 27 mai 2026 son bilan du marché du tabac pour l’année 2025. Les volumes vendus reculent de 8,2 %. Le chiffre d’affaires du secteur s’établit à 18,4 milliards d’euros, en repli par rapport à l’année précédente.
Un recul généralisé des volumes
Les ventes de cigarettes diminuent de 8,7 % et celles de tabac à rouler de 9,6 %. Le tabac à chauffer connaît la chute la plus marquée, avec un recul de 22,9 %.
Ce dernier chiffre mérite d’être souligné : le tabac à chauffer avait été présenté par les cigarettiers comme le relais de croissance des prochaines années. Son recul en France est net.
Le prix moyen du paquet est passé de 12,54 à 13 euros au cours de la période, prolongeant la politique de hausses régulières menée depuis plusieurs années.
Un chiffre d’affaires qui recule aussi
À 18,4 milliards d’euros, le chiffre d’affaires du secteur diminue par rapport aux 19,3 milliards de 2024. C’est une inflexion : les années précédentes, les hausses de prix compensaient largement la baisse des volumes.
L’OFDT rappelle que ces données portent sur les livraisons au réseau des buralistes. Elles ne mesurent ni les achats transfrontaliers ni le marché parallèle, dont le poids fait l’objet d’estimations divergentes et souvent produites par des parties intéressées.
Des aides à l’arrêt en progression
Les ventes de traitements de substitution nicotinique progressent de 7 % entre 2024 et 2025. Le service téléphonique Tabac Info Service a reçu environ 61 000 appels en 2025, soit 5,2 % de plus qu’en 2024.
Ces indicateurs, suivis d’année en année, complètent la lecture des ventes de tabac. Ils ne disent rien du vapotage, qui ne fait l’objet d’aucun suivi statistique équivalent.
Toujours aucune donnée publique sur la vape
Le bilan annuel de l’OFDT ne comporte aucune mesure du volume du marché des produits du vapotage. Ces produits ne supportant aucun droit d’accise, ils échappent au suivi douanier qui permet de comptabiliser le tabac.
Cette absence a pésé pendant tout le débat budgétaire de l’automne 2025 : chiffrer le rendement d’une taxe suppose de connaître l’assiette, difficulté relevée dès les premières informations sur le projet de taxe, et personne ne la connaît précisément.
Une inflexion dans la mécanique prix-volume
Depuis une quinzaine d’années, la fiscalité du tabac reposait sur un équilibre simple : les hausses de prix faisaient reculer les volumes, mais le chiffre d’affaires et les recettes publiques progressaient malgré tout.
Le bilan 2025 marque une rupture avec ce schéma. Pour la première fois depuis plusieurs exercices, la valeur recule en même temps que les volumes, ce qui interroge la capacité de cet instrument à continuer de produire des recettes croissantes.
C’est l’un des arguments qui reviennent régulièrement dans les débats budgétaires pour justifier la recherche de nouvelles assiettes fiscales.
Analyse de VAP|LAB : le repere annuel du marché du tabac
Ce bilan est la seule mesure publique, annuelle et documentée du marché face auquel se situe le commerce spécialisé. À ce titre, il mérite d’être rapporté chaque année.
Il ne dit rien du vapotage et ne permet aucune conclusion sur les liens entre les deux marchés. Nous le publions pour ce qu’il est : un chiffre de référence, produit par un organisme public, sur un secteur voisin et distinct.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Le chiffre d’affaires du tabac recule-t-il aussi ?
Oui, et c’est une inflexion. À 18,4 milliards d’euros en 2025 contre 19,3 milliards en 2024, la valeur recule en même temps que les volumes. Les années précédentes, les hausses de prix compensaient largement la baisse des quantités vendues. Cette rupture interroge la capacité de la fiscalité du tabac à continuer de produire des recettes croissantes.
Comment évolue le tabac à chauffer ?
Il recule de 22,9 % en 2025, la chute la plus marquée de tous les segments. Les cigarettes perdent 8,7 % de leurs volumes et le tabac à rouler 9,6 %. Ce résultat mérite d’être souligné : le tabac à chauffer avait été présenté par les cigarettiers comme leur relais de croissance pour les prochaines années.
Ce bilan renseigne-t-il sur le marché du vapotage ?
Non. Le bilan annuel de l’OFDT porte sur les livraisons de tabac au réseau des buralistes. Les produits du vapotage ne supportant aucun droit d’accise, ils échappent au suivi douanier qui permet cette comptabilité, et aucune statistique publique équivalente n’existe. Cette absence a pesé pendant tout le débat budgétaire de l’automne 2025 : chiffrer une taxe suppose de connaître l’assiette.




































