Selon des informations parues dans la presse économique le 15 septembre 2025, le gouvernement envisage de créer une taxe sur les e-liquides dans le projet de loi de finances pour 2026. L’hypothèse avait déjà circulé les années précédentes sans aboutir. Le contexte budgétaire a changé.
Une idée ancienne dans un contexte nouveau
La taxation des produits du vapotage revient dans le débat budgétaire français à intervalles réguliers depuis une dizaine d’années. Elle a toujours été écartée, faute d’assiette identifiée et de consensus politique. Les objections de la filière portent d’ailleurs sur le principe autant que sur le montant.
Deux éléments changent la donne à l’automne 2025. Le premier est la situation des finances publiques, qui pousse à chercher des recettes nouvelles. Le second est la proposition européenne de juillet 2025, qui fournit un cadre de référence et un argument d’anticipation.
Le raisonnement gouvernemental consisterait à devancer une harmonisation européenne attendue pour 2028, en installant dès maintenant l’architecture fiscale correspondante.
Une assiette mal connue
Chiffrer le rendement d’une taxe suppose de connaître le volume taxable. Or les produits du vapotage ne supportent aujourd’hui aucune accise en France, donc aucun suivi douanier systématique. Il n’existe pas de statistique publique du volume d’e-liquides vendus, à la différence du tabac, dont l’OFDT publie chaque année les volumes livrés aux buralistes.
Les seuls ordres de grandeur disponibles proviennent des acteurs économiques et des fédérations professionnelles. Ils ne font l’objet d’aucune validation indépendante. Cette incertitude pèsera sur tout le débat de l’automne.
Ce qui n’est pas encore écrit
À la mi-septembre 2025, aucun texte n’est public. Le projet de loi de finances n’a pas encore été déposé. Les montants, les seuils et le périmètre exact des produits visés relèvent à ce stade de l’information de presse, pas du document officiel.
Cette précaution vaut d’être rappelée : entre les premières fuites budgétaires de septembre et le texte finalement promulgué, plusieurs mois de débat parlementaire s’écouleront, et le contenu pourra changer du tout au tout.
Ce que taxer suppose de mettre en place
Créer une accise ne se résume pas à fixer un tarif. Le régime des droits d’accise, conçu historiquement pour l’alcool et le tabac, repose sur un circuit contrôlé : entrepôts agréés, suivi des mouvements, déclarations périodiques, cautionnement.
Appliqué à une filière composée en majorité de petites structures indépendantes, ce cadre représenterait une charge administrative sans commune mesure avec le montant lui-même. C’est l’argument principal que la filière opposera à l’automne.
La question du sort réservé aux liquides sans nicotine et aux arômes concentrés, très présents sur le marché français, reste entière à ce stade. Elle déterminera l’ampleur réelle de la mesure.
Analyse de VAP|LAB : le début d’une séquence longue
Cette information marque l’ouverture du dossier budgétaire le plus lourd que le secteur ait connu. Il occupera les quatre mois suivants et mobilisera bien au-delà des professionnels.
Nous rendrons compte de chaque étape sur les documents parlementaires eux-mêmes : numéro du projet de loi, rédaction de l’article, numéro des amendements, résultat des scrutins. C’est le seul moyen de suivre un texte qui va changer plusieurs fois de contenu, et d’éviter de rapporter comme acquis ce qui ne l’est pas.
Une règle simple guidera cette couverture : tant qu’un texte n’est pas promulgué, il ne s’applique pas. Aucune anticipation commerciale ne se justifie sur la foi d’un projet.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Sait-on combien une taxe sur les e-liquides rapporterait ?
Non, et c’est le point faible du dossier. Chiffrer le rendement d’une accise suppose de connaître le volume taxable. Or ces produits ne supportent aucune accise en France, donc aucun suivi douanier, et il n’existe pas de statistique publique des volumes d’e-liquides vendus, à la différence du tabac. Les seuls ordres de grandeur disponibles proviennent des acteurs économiques, sans validation indépendante.
Un texte a-t-il été déposé à ce stade ?
Non. À la mi-septembre 2025, le projet de loi de finances n’a pas encore été déposé et aucun texte n’est public. Les montants, les seuils et le périmètre exact des produits visés relèvent de l’information de presse, pas du document officiel. Entre les premières fuites budgétaires et un texte promulgué s’écoulent plusieurs mois de débat parlementaire, pendant lesquels le contenu peut changer du tout au tout.
Pourquoi cette idée revient-elle maintenant, après avoir été écartée plusieurs fois ?
Deux éléments ont changé. La situation des finances publiques pousse à chercher des recettes nouvelles. Et la proposition de taxation présentée par la Commission européenne en juillet 2025 fournit un cadre de référence : le raisonnement consisterait à devancer une harmonisation attendue pour 2028 en installant dès maintenant l’architecture fiscale correspondante.




































