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France : les députés suppriment l’article 23, puis rejettent le budget

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Les députés ont voté dans la nuit du 19 au 20 novembre 2025 la suppression de l’article 23 du projet de loi de finances, par 91 voix contre 53. Le lendemain, l’Assemblée rejetait l’ensemble du budget. L’article repartait donc au Sénat dans sa version initiale.

Un vote acquis à 0 h 05

L’amendement de suppression a été adopté par 91 voix contre 53, sur 159 votants. Le scrutin s’est tenu au milieu de la nuit, dans un hémicycle clairsemé, comme souvent lors de l’examen de la partie recettes d’un budget.

Le vote a rassemblé des députés de sensibilités très différentes. C’est une caractéristique de ce dossier : il n’a pas divisé selon les lignes politiques habituelles, mais plutôt selon la proximité des élus avec le tissu de commerces de leur circonscription.

La filière, mobilisée par pétition depuis la mi-octobre, a immédiatement salué le résultat. Il ne tiendra pas quarante-huit heures.

Le rejet du budget efface le vote

Le 21 novembre, l’Assemblée nationale a rejeté l’ensemble de la partie recettes du projet de loi de finances. Ce rejet global emporte une conséquence mécanique : les amendements adoptés au cours de l’examen disparaissent avec le texte.

Le Sénat reçoit alors le projet de loi dans sa version initiale, celle déposée par le gouvernement. L’article 23 y figure intégralement, accise comprise.

Autrement dit, la suppression votée l’avant-veille n’a produit aucun effet juridique. C’est une situation fréquente en procédure budgétaire, mais elle reste contre-intuitive pour qui suit le débat de l’extérieur.

Pourquoi ce mécanisme surprend

La couverture médiatique a rendu compte du vote de suppression comme d’un acquis. Peu de comptes rendus ont signalé que le rejet global du lendemain l’annulait. Un mois plus tôt, le vote de la commission des finances avait déjà été pris pour un retrait de la taxe.

La confusion tient à la nature du texte financier : on ne vote pas article par article de manière définitive, on construit un ensemble qui doit ensuite être adopté dans sa totalité. Sans adoption finale, les votes intermédiaires tombent.

Ce qui attendait le texte au Sénat

Le Sénat allait examiner l’article dans les jours suivants. Sa commission des finances avait déjà fait connaître une orientation différente de celle retenue par les députés.

Trois issues restent ouvertes : la suppression, le maintien en l’état ou une réécriture du dispositif.

Analyse de VAP|LAB : un acquis qui n’en était pas un

Cette séquence de quarante-huit heures résume la difficulté de couvrir un texte budgétaire. Un vote favorable peut être annulé par un vote de procédure sans rapport avec le fond.

La leçon pratique vaut pour toute la suite du dossier : rien n’est acquis avant la promulgation. Nous nous abstiendrons de qualifier de victoire ou de défaite ce qui n’est qu’une étape, et nous indiquerons à chaque fois ce qui reste juridiquement en vigueur, c’est-à-dire, à ce stade, rien du tout.

Sources

En bref

Questions fréquentes

L’article 23 est-il supprimé après ce vote ?

Non. Les députés l’ont bien supprimé dans la nuit du 19 au 20 novembre 2025, par 91 voix contre 53, mais l’Assemblée a rejeté le lendemain l’ensemble de la partie recettes du budget. Ce rejet global fait disparaître avec le texte tous les amendements adoptés au cours de l’examen. La suppression votée l’avant-veille n’a donc produit aucun effet juridique.

Quelle version du texte le Sénat reçoit-il ?

La version initiale déposée par le gouvernement, dans laquelle l’article 23 figure intégralement, accise comprise. C’est la conséquence mécanique du rejet de la partie recettes par l’Assemblée nationale : faute d’adoption, les votes intermédiaires tombent et le texte transmis n’est pas celui issu des débats.

Pourquoi un vote favorable peut-il être annulé deux jours plus tard ?

Parce qu’un texte financier ne se vote pas article par article de manière définitive : on construit un ensemble qui doit ensuite être adopté dans sa totalité. Sans adoption finale, les votes intermédiaires tombent. La situation est fréquente en procédure budgétaire mais contre-intuitive vue de l’extérieur, et elle s’était déjà produite un mois plus tôt en commission des finances.

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