L’Agence nationale de sécurité sanitaire a mis en ligne le 4 février 2026 son évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage. Fondée sur près de trois mille études, elle identifie des effets probables et des effets possibles, et formule des recommandations explicites aux pouvoirs publics.
Une expertise de trois ans
Le travail répond à une auto-saisine enregistrée sous la référence 2023-AUTO-0223. Le rapport a été signé le 12 décembre 2025, validé par la direction générale de l’agence le 12 janvier 2026, puis publié le 4 février.
L’expertise repose sur une analyse du poids des preuves portant sur près de trois mille publications scientifiques, complétée par une évaluation quantitative du risque appliquée aux aldéhydes présents dans les aérosols inhalés.
C’est le document le plus complet publié par une agence française sur ce sujet. Il fera référence pendant plusieurs années, notamment dans les débats sur l’usage du vapotage chez les jeunes.
Ce que l’agence qualifie de probable
L’ANSES retient comme probable la survenue d’effets cardiovasculaires, notamment une élévation de la pression artérielle. C’est le niveau de preuve le plus élevé retenu dans l’expertise.
Sur les aldéhydes, l’agence écrit que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour les vapoteurs. Elle souligne que l’absence de combustion n’élimine pas leur présence dans les aérosols.
Ce qu’elle qualifie de possible
Sont classés comme possibles des effets sur les voies respiratoires, sur le système cardiovasculaire et sur la cancérogenèse, ainsi que des effets sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus.
Le qualificatif de possible correspond à un niveau de preuve plus faible. Il signale une association observée dont la robustesse ne permet pas de conclure, non un risque établi.
Cette gradation entre probable et possible est au cœur du document. Elle a été largement effacée dans les reprises médiatiques, dans un sens comme dans l’autre, alors que neuf Français sur dix situent déjà mal le risque comparé du vapotage.
Les recommandations de l’agence
L’ANSES recommande d’éviter toute incitation au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et chez les jeunes, et de se prémunir contre toute forme de normalisation de la cigarette électronique.
Elle indique que, pour les fumeurs, la cigarette électronique peut constituer une option temporaire dans le cadre d’un programme d’arrêt du tabac. Elle ne va pas au-delà de cette formulation.
Sur les arômes, selon la presse spécialisée, l’agence privilégierait une liste évolutive de substances interdites, approche déjà défendue par la Tchéquie au Conseil Santé, plutôt qu’une interdiction générale. Nous n’avons pas pu vérifier cette formulation dans le corps du rapport.
Analyse de VAP|LAB : citer l’agence, pas ses commentateurs
Ce rapport a donné lieu à deux lectures opposees, publiées le même jour. Les uns y ont vu la confirmation d’une dangerosité, les autres celle d’une innocuité relative. Aucune de ces deux lectures ne correspond au texte.
Ce que l’agence écrit tient en trois points : des effets cardiovasculaires probables, plusieurs effets possibles mais non établis, et une recommandation explicite de ne pas encourager l’usage. Nous nous en tenons à ces trois points.
Un commerçant n’a rien à gagner à réécrire une expertise publique. Nous rapportons ce document parce qu’il fera autorité, et nous le rapportons tel qu’il est écrit, recommandations comprises.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Quelle différence l’ANSES fait-elle entre un effet probable et un effet possible ?
Une différence de niveau de preuve. Probable est le niveau le plus élevé retenu dans l’expertise : l’agence classe ainsi les effets cardiovasculaires, notamment une élévation de la pression artérielle. Possible signale une association observée dont la robustesse ne permet pas de conclure, et non un risque établi. Cette gradation est au cœur du document ; elle a été largement effacée dans les reprises médiatiques.
Que recommande l’agence aux pouvoirs publics ?
D’éviter toute incitation au vapotage, en particulier auprès des non-fumeurs et des jeunes, et de se prémunir contre toute forme de normalisation de la cigarette électronique. Ces recommandations font partie intégrante de l’avis et sont formulées explicitement. Elles sont souvent omises des reprises qui ne retiennent du rapport que les niveaux de risque.
Le rapport tranche-t-il la question des arômes ?
Nous ne pouvons pas l’affirmer. Selon la presse spécialisée, l’agence privilégierait une liste évolutive de substances interdites plutôt qu’une interdiction générale des arômes, mais cette formulation n’a pas pu être vérifiée dans le corps du rapport. Nous préférons le signaler plutôt que de rapporter comme établie une position que nous n’avons pas lue.




































