L’OFDT a publié le 11 septembre 2025 les résultats français de l’enquête européenne ESPAD 2024, menée auprès des jeunes de 16 ans. Le tabagisme quotidien y tombe à 3,1 %. Le vapotage, lui, ne recule pas au même rythme.
Un effondrement du tabagisme adolescent
3,1 % des jeunes de 16 ans déclarent fumer quotidiennement en 2024. Ce niveau place la France parmi les pays européens où le tabagisme adolescent est le plus faible, après avoir longtemps figuré dans le haut du classement.
La tendance est confirmée par les autres enquêtes disponibles. Chez les lycéens, la part de fumeurs quotidiens est passée de 30,8 % en 2010 à 5,6 % en 2024. En quinze ans, la consommation de tabac s’est effondrée dans cette classe d’âge.
Ce recul est l’un des résultats de santé publique les plus nets de la période récente. Il n’a pas d’explication unique : hausse des prix, interdiction de vente aux mineurs, campagnes de prévention et évolution des normes sociales y contribuent, dans des proportions que les enquêtes ne permettent pas de départager.
Le vapotage suit une courbe différente
La cigarette électronique ne connaît pas la même trajectoire. Chez les lycéens, la part de ceux qui vapotent quotidiennement sans fumer est passée de 0,8 % en 2022 à 4 % en 2024. La progression est rapide sur une période courte.
Le niveau reste faible en valeur absolue, mais l’évolution est de sens contraire à celle du tabac. C’est ce contraste, plus que les niveaux eux-mêmes, qui alimente le débat sur la protection des mineurs.
Ce que ces enquêtes ne permettent pas de conclure
Deux courbes qui évoluent en sens inverse ne démontrent aucun lien de causalité. Les données disponibles ne disent pas si les jeunes qui vapotent auraient fumé en l’absence de cigarette électronique, ni l’inverse. C’est le cœur de la question de l’effet passerelle, posée jusqu’au ministère de la Santé.
Les enquêtes en milieu scolaire reposent sur des questionnaires déclaratifs remplis en classe. Elles mesurent des usages déclarés à un instant donné, sans suivre les mêmes élèves d’une édition à l’autre. Elles ne permettent donc pas de reconstituer des parcours individuels.
C’est la limite de fond de ce type de données, et elle vaut pour toutes les lectures qu’on en fait, quel que soit le camp.
Une interdiction de vente qui existe depuis 2016
La vente de produits du vapotage aux mineurs est interdite en France depuis 2016. Sa sanction a été relevée en juin 2025 : elle relève désormais de la cinquième classe des contraventions.
Les enquêtes de terrain montrent régulièrement que l’approvisionnement des mineurs passe peu par les commerces spécialisés, et davantage par des circuits informels, des plateformes en ligne et des réseaux sociaux. Plusieurs pays européens ont ouvert des enquêtes sur ce point en 2025, et le Royaume-Uni a lancé une étude sur dix ans consacrée au vapotage des jeunes.
Analyse de VAP|LAB : deux chiffres, deux lectures à tenir ensemble
Le recul du tabagisme adolescent est un fait établi, mesuré et considérable. La progression du vapotage quotidien chez les lycéens en est un autre, tout aussi établi. Les deux doivent être énoncés ensemble.
Un commerçant n’a aucun intérêt à minimiser le second. Ces produits sont interdits aux mineurs, cette interdiction repose sur le point de vente, et elle n’a de sens que si elle est appliquée. C’est le seul enseignement opérationnel de ces publications.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Le vapotage a-t-il remplacé la cigarette chez les adolescents ?
Les données disponibles ne permettent pas de l’affirmer. Deux courbes qui évoluent en sens inverse ne démontrent aucun lien de causalité. Les enquêtes en milieu scolaire mesurent des usages déclarés à un instant donné et ne suivent pas les mêmes élèves d’une édition à l’autre : elles ne disent pas si les jeunes qui vapotent auraient fumé en l’absence de cigarette électronique, ni l’inverse.
Comment les mineurs se procurent-ils ces produits, puisque la vente leur est interdite ?
Les enquêtes de terrain montrent régulièrement que leur approvisionnement passe peu par les commerces spécialisés et davantage par des circuits informels, des plateformes en ligne et des réseaux sociaux. La vente de produits du vapotage aux mineurs est interdite en France depuis 2016, et sa sanction a été relevée en juin 2025 au niveau de la cinquième classe des contraventions.
Quelle part des lycéens vapote quotidiennement sans fumer ?
4 % en 2024, contre 0,8 % en 2022. Le niveau reste faible en valeur absolue, mais la progression est rapide sur une période courte et de sens contraire à celle du tabac : chez les lycéens, la part de fumeurs quotidiens est passée de 30,8 % en 2010 à 5,6 % en 2024. C’est ce contraste qui alimente le débat sur la protection des mineurs.



































