L’OFDT a publié le 25 février 2026 les résultats de l’enquête EnCLASS 2024 menée en collège et en lycée. Moins d’un collégien sur cent fume quotidiennement. Dans cette classe d’âge, la cigarette électronique est désormais plus répandue que la cigarette.
Moins d’un collégien sur cent fume tous les jours
La part de fumeurs quotidiens au collège s’établit à 0,9 % en 2024. C’est un niveau que les enquêtes françaises n’avaient jamais mesuré, et il concerne une population comprise entre onze et quinze ans.
Ce résultat prolonge une trajectoire engagée depuis une quinzaine d’années, que l’enquête ESPAD avait mesurée chez les jeunes de 16 ans. Le tabagisme adolescent a reculé dans toutes les classes d’âge scolarisées, avec une accélération marquée au cours des cinq dernières années.
Le collège est l’âge où se jouait traditionnellement l’initiation tabagique. Que le tabagisme quotidien y soit devenu marginal constitue l’un des résultats de santé publique les plus significatifs de la période.
Un renversement entre les deux produits
Dans la même population, l’usage de la cigarette électronique dépasse désormais celui de la cigarette. Le rapport entre les deux produits s’est inversé en quelques années.
L’écart tient autant à l’effondrement du tabac qu’à la progression du vapotage. Les deux mouvements sont simultanés, ce qui ne suffit pas à établir un lien entre eux.
Les niveaux restent faibles en valeur absolue par rapport à ce que le tabagisme représentait dans cette classe d’âge il y a quinze ans. C’est le sens de l’évolution, plus que son ampleur, qui retient l’attention des pouvoirs publics.
Ce que l’enquête EnCLASS mesure
EnCLASS est une enquête en milieu scolaire menée auprès d’élèves de la sixième à la terminale. Elle repose sur des questionnaires anonymes remplis en classe et couvre l’ensemble des consommations de substances psychoactives.
Comme toutes les enquêtes de ce type, elle est déclarative et ne suit pas les mêmes élèves d’une édition à l’autre. Elle photographie des générations successives, elle ne reconstitue pas de parcours individuels.
Elle ne permet donc pas de répondre à la question la plus débattue : savoir si les collégiens qui vapotent auraient fumé en l’absence de cigarette électronique, ou s’ils n’auraient rien consommé du tout.
Une interdiction qui repose sur le point de vente
La vente de produits du vapotage aux mineurs est interdite en France depuis 2016. Sa sanction a été relevée au niveau de la cinquième classe des contraventions par le décret du 27 juin 2025, soit 1 500 euros et 3 000 euros en cas de récidive.
Les travaux disponibles sur les canaux d’approvisionnement des mineurs en Europe désignent régulièrement les plateformes en ligne, les réseaux sociaux et les circuits informels, dans une région où 14,3 % des 13-15 ans déclarent utiliser la cigarette électronique. Plusieurs procédures ont été ouvertes à ce titre depuis 2025, notamment aux Pays-Bas.
Analyse de VAP|LAB : un chiffre à énoncer sans détour
Cette publication va nourrir les débats à venir sur l’emballage, les arômes et la présentation des produits. Elle sera citée, et elle le sera sans ses réserves méthodologiques.
Un commerce spécialisé n’a rien à gagner à relativiser ces données. Ces produits sont interdits aux mineurs, l’interdiction repose d’abord sur celui qui vend, et sa crédibilité conditionne celle de toute la profession devant le législateur.
Nous rapportons donc ces chiffres tels qu’ils sont publiés, en précisant ce que l’enquête établit et ce qu’elle laisse ouvert.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Quelle population l’enquête EnCLASS mesure-t-elle ?
Des élèves scolarisés de la sixième à la terminale, interrogés par questionnaire anonyme rempli en classe. Les résultats portant sur le collège concernent donc une population comprise entre onze et quinze ans environ. L’enquête couvre l’ensemble des consommations de substances psychoactives et ne suit pas les mêmes élèves d’une édition à l’autre : elle photographie des générations successives.
Le vapotage a-t-il pris la place de la cigarette au collège ?
L’enquête ne permet pas de l’établir. L’écart entre les deux produits tient autant à l’effondrement du tabac qu’à la progression du vapotage, et ces deux mouvements sont simultanés sans qu’un lien entre eux soit démontré. Les données ne disent pas si les collégiens qui vapotent auraient fumé en l’absence de cigarette électronique, ou s’ils n’auraient rien consommé du tout.
Le vapotage est-il massivement répandu au collège ?
Les niveaux restent faibles en valeur absolue, très en deçà de ce que le tabagisme représentait dans cette classe d’âge il y a quinze ans. Le tabagisme quotidien y est tombé à 0,9 % en 2024, un niveau que les enquêtes françaises n’avaient jamais mesuré. C’est le sens de l’évolution, plus que son ampleur, qui retient l’attention des pouvoirs publics.



































