VAP|NEWSPrévention & jeunesse

France : 46 % des lycéens ont déjà vapoté, contre 35 % en 2015

3 min de lecture

L’OFDT a publié le 29 avril 2026 une étude sur l’évolution du vapotage chez les lycéens entre 2015 et 2024. La part de ceux qui ont déjà essayé la cigarette électronique passe de 35 % à 46 %. L’usage quotidien, lui, passe de 2,8 % à 6,8 %.

Onze points d’expérimentation en neuf ans

46 % des lycéens déclarent avoir déjà utilisé une cigarette électronique au moins une fois, contre 35 % en 2015. Près d’un lycéen sur deux a donc essayé le produit.

L’expérimentation ne préjuge pas de l’usage. Comme chez les adultes, l’écart entre ceux qui ont essayé et ceux qui utilisent régulièrement reste très large.

C’est néanmoins la progression la plus nette mesurée sur cette classe d’âge, et elle intervient dans une période où le tabagisme adolescent s’effondrait.

Un usage quotidien multiplié par deux et demi

La part de lycéens vapotant quotidiennement passe de 2,8 % en 2015 à 6,8 % en 2024. En valeur absolue, ces niveaux restent inférieurs à ceux du tabagisme quotidien mesuré dix ans plus tôt.

Sur la même période, le tabagisme quotidien des lycéens est tombé de 30,8 % en 2010 à 5,6 % en 2024. Les deux courbes se croisent : le vapotage quotidien dépasse désormais le tabagisme quotidien dans cette population.

Ce que ces données établissent, et ce qu’elles n’établissent pas

Deux courbes de sens contraire ne démontrent aucun lien de causalité. Les enquêtes disponibles ne permettent pas de dire si les lycéens qui vapotent auraient fumé en l’absence de cigarette électronique.

Ces enquêtes sont déclaratives, menées en milieu scolaire, et ne suivent pas les mêmes élèves d’une édition à l’autre. Elles photographient des générations successives, pas des parcours.

La question de l’effet passerelle, très présente dans le débat public, ne peut pas être tranchée par ce type de données.

Une interdiction de vente qui repose sur le point de vente

La vente de produits du vapotage aux mineurs est interdite en France depuis 2016. Sa sanction a été relevée en juin 2025 au niveau de la cinquième classe des contraventions.

Les enquêtes menées en Europe sur les canaux d’approvisionnement des mineurs désignent régulièrement les plateformes en ligne, les réseaux sociaux et les circuits informels plutôt que les commerces spécialisés. Plusieurs procédures ont été ouvertes à ce titre depuis 2025.

Ces résultats s’inscrivent dans une série cohérente. L’enquête européenne ESPAD, publiée en septembre 2025, mesurait déjà un tabagisme quotidien de 3,1 % à 16 ans. L’OMS Europe relevait de son côté un usage de cigarette électronique de 14,3 % chez les 13-15 ans de sa région.

La France se situe en dessous de cette moyenne régionale, mais sur la même pente. Trois sources indépendantes convergent, ce qui rend le constat difficile à relativiser.

Analyse de VAP|LAB : un chiffre qu’il faut énoncer, pas contourner

Ces données vont circuler largement et servir d’argument dans les débats à venir sur l’emballage et les arômes. Les contester serait à la fois vain et malvenu.

Un commerçant spécialisé n’a aucun intérêt à minimiser la progression du vapotage chez les mineurs. Ces produits leur sont interdits, cette interdiction repose en premier lieu sur le point de vente, et sa crédibilité conditionne celle de toute la profession.

Sources

En bref

Questions fréquentes

46 % des lycéens vapotent-ils régulièrement ?

Non. 46 % déclarent avoir déjà essayé la cigarette électronique au moins une fois dans leur vie. L’usage quotidien concerne 6,8 % d’entre eux en 2024, contre 2,8 % en 2015. L’écart entre l’expérimentation et l’usage régulier reste très large, comme chez les adultes. Confondre les deux mesures conduit à surestimer massivement la diffusion réelle.

L’effet passerelle du vapotage vers le tabac est-il démontré ?

Ce type de données ne permet pas de le trancher. Les enquêtes sont déclaratives, menées en milieu scolaire, et ne suivent pas les mêmes élèves d’une édition à l’autre : elles photographient des générations successives, pas des parcours individuels. Elles ne disent donc pas si les lycéens qui vapotent auraient fumé en l’absence de cigarette électronique, ni l’inverse.

Le vapotage est-il devenu plus répandu que le tabac chez les lycéens ?

En usage quotidien, oui : 6,8 % de vapotage quotidien en 2024 contre 5,6 % de tabagisme quotidien. Les deux courbes se sont croisées sur la période. Le tabagisme quotidien des lycéens est tombé de 30,8 % en 2010 à 5,6 % en 2024, tandis que le vapotage quotidien progressait. Ces deux constats doivent être énoncés ensemble.

À lire ensuite

Retour à VAP|NEWS