Santé publique France a publié le 24 novembre 2025 les résultats tabac de son Baromètre 2024. Le tabagisme quotidien tombe à 18 % des 18-75 ans, contre 25 % en 2021. C’est la baisse la plus forte jamais enregistrée par cette enquête.
Sept points de moins en trois ans
Chez les 18-75 ans résidant en France hexagonale, 25 % déclarent fumer en 2024 contre 32 % en 2021, et 18 % quotidiennement contre 25 %. Sur le périmètre élargi aux 18-79 ans, l’agence mesure 24,0 % de fumeurs et 17,4 % de fumeurs quotidiens.
Une baisse de sept points en trois ans est sans précédent dans l’historique de cette enquête. Elle va dans le même sens que le recul de 12 % des volumes vendus chez les buralistes en 2024. Les diminutions antérieures se comptaient en fractions de point d’une année sur l’autre.
L’agence ne se prononce pas sur les causes de ce recul. La concomitance entre le recul du tabac et la progression du vapotage est documentée de longue date, sans qu’un lien de cause à effet soit établi. Hausse des prix, mesures de lutte antitabac, évolution des normes sociales et diffusion d’alternatives sont citées comme facteurs possibles, sans hiérarchisation.
Des inégalités sociales inchangées
Le recul global masque des écarts persistants. La prévalence du tabagisme quotidien reste 2,1 fois plus élevée chez les ouvriers que chez les cadres : 25,1 % contre 11,8 %. Le vapotage, lui, ne fait apparaître aucun profil socioprofessionnel dominant.
Ce rapport n’a pas diminué. Le tabagisme baisse dans toutes les catégories, mais l’écart entre elles se maintient, ce qui reste l’un des points les plus commentes par les épidémiologistes.
De fortes disparités régionales
Trois régions dépassent la moyenne nationale pour le tabagisme quotidien : le Grand Est à 19,8 %, l’Occitanie à 20,6 % et Provence-Alpes-Côte d’Azur à 20,9 %. À l’autre extrémité, l’Île-de-France se situe à 14,6 %.
L’écart entre la région la moins et la plus concernée dépasse six points. Ces écarts recoupent partiellement la structure sociale des territoires.
Une envie d’arrêter majoritaire
Parmi les fumeurs quotidiens, 55,0 % déclarent avoir envie d’arrêter de fumer et 17,3 % rapportent une tentative d’au moins une semaine au cours des douze derniers mois.
Ces deux chiffres sont stables d’une édition à l’autre. L’écart entre l’intention et le passage à l’acte constitue l’un des résultats les plus constants de ce type d’enquête.
Une collecte menée sur un large échantillon
Le Baromètre santé est l’enquête de référence de l’agence sur les comportements de santé. L’édition 2024 a interrogé près de 35 000 personnes, ce qui autorise des analyses fines par région, par âge et par catégorie socioprofessionnelle.
Les données sont recueillies par téléphone et reposent sur les déclarations des personnes interrogées, sans vérification biologique. C’est la méthode retenue par la plupart des enquêtes comparables en Europe.
L’agence publie ses résultats en plusieurs volets échelonnés. Le volet consacré au vapotage paraîtra quelques semaines plus tard, à partir de la même collecte.
Analyse de VAP|LAB : un résultat qui appartient à tout le monde
Cette baisse de sept points va être revendiquée par tous les acteurs du dossier, chacun y voyant la confirmation de sa propre thèse. L’enquête ne permet d’attribuer ce recul à aucun facteur en particulier.
Nous nous en tiendrons à ce que l’agence écrit : le tabagisme quotidien a fortement reculé entre 2021 et 2024, les inégalités sociales n’ont pas bougé, et les causes ne sont pas établies. C’est déjà une information considérable, et elle se suffit à elle-même.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Cette baisse du tabagisme est-elle attribuable au vapotage ?
L’enquête ne permet pas de l’établir et Santé publique France ne se prononce pas sur les causes. La concomitance entre le recul du tabac et la diffusion du vapotage est documentée de longue date, sans qu’un lien de cause à effet soit démontré. Hausse des prix, mesures de lutte antitabac et évolution des normes sociales sont citées comme facteurs possibles, sans hiérarchisation.
Les inégalités sociales devant le tabac ont-elles reculé ?
Non. Le tabagisme quotidien baisse dans toutes les catégories, mais l’écart entre elles se maintient : il reste 2,1 fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres, 25,1 % contre 11,8 %. Ce rapport n’a pas diminué, ce qui demeure l’un des points les plus commentés par les épidémiologistes.
Ces chiffres reposent-ils sur des mesures ou sur des déclarations ?
Sur des déclarations. Le Baromètre santé est recueilli par téléphone auprès d’un large échantillon, près de 35 000 personnes pour l’édition 2024, sans aucune vérification biologique. C’est la méthode retenue par la plupart des enquêtes comparables en Europe. Les chiffres décrivent donc ce que les personnes interrogées disent de leur consommation.










































