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France : les recettes fiscales du tabac passeront sous les 12 milliards d’euros en 2026

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Les buralistes français ont vendu 550 millions de paquets de cigarettes au premier semestre 2026, soit 40 millions de moins qu’à la même période l’an dernier. À ce rythme, les recettes spécifiques du tabac passeront sous la barre des 12 milliards d’euros cette année. L’État encaisse de moins en moins sur un produit qu’il taxe de plus en plus.

Sept pour cent de moins en six mois

Le chiffre a été publié par Les Échos le 15 juillet 2026, sous la signature de Sébastien Dumoulin, à partir des données de ventes aux buralistes. Il a été relayé le lendemain par Le Monde du Tabac. Le recul atteint 7 % sur un semestre.

Replacé dans la durée, le mouvement est spectaculaire. Les Français achetaient encore deux milliards de paquets par an en 2018. À peine plus d’un milliard devrait trouver preneur en 2026 : le volume a été divisé par deux en huit ans. Aucune autre grande catégorie de consommation française n’a connu une contraction comparable sur une période aussi courte.

Une recette qui s’effrite d’environ 700 millions par an

Côté finances publiques, la mécanique est arithmétique. Le tabac rapportait près de 15 milliards d’euros au début de la décennie ; la barre des 12 milliards sera franchie à la baisse cette année. Les Échos évalue le rythme de la décrue à environ 700 millions d’euros de moindres recettes chaque année, et relève qu’en 2024 comme en 2025, l’écart entre les recettes prévues au budget et les recettes réellement encaissées a tourné autour de ce même ordre de grandeur.

Autrement dit : les prévisions budgétaires surestiment la consommation, et l’écart se creuse chaque exercice. La hausse des droits d’accise ne compense plus la baisse des volumes.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Deux précautions s’imposent avant d’en tirer des conclusions. D’abord, les ventes en bureau de tabac ne mesurent pas la consommation réelle : elles ignorent les achats transfrontaliers et le marché parallèle, dont aucune évaluation publique récente et incontestée n’existe. Un paquet non vendu chez un buraliste français n’est pas nécessairement un paquet non fumé.

Ensuite, ces données sont commerciales, pas épidémiologiques. La mesure de référence du tabagisme reste celle des enquêtes de santé publique. Le bilan annuel de l’OFDT publié en mai 2026, dont nous avions rendu compte, faisait état d’un recul de 8,2 % des ventes en 2025 pour un chiffre d’affaires de 18,4 milliards d’euros — vous pouvez le relire dans notre article sur les ventes de tabac en 2025. La tendance semestrielle de 2026 s’inscrit dans ce sillon.

Un contexte budgétaire déjà lourd pour le secteur

Ces chiffres tombent dans un contexte que la filière du vapotage connaît bien. L’automne 2025 avait vu apparaître dans le projet de budget un article 23 prévoyant une accise sur les e-liquides, un agrément des vendeurs et la fin de la vente en ligne. Ce dispositif a finalement disparu du texte en janvier 2026, et la loi de finances promulguée le 19 février 2026 ne comporte aucune mesure sur le vapotage. Il faut le redire, car l’information contraire continue de circuler.

Aucun texte, aucun amendement et aucune déclaration ministérielle datée ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’une taxation du vapotage reviendra dans le prochain budget. Nous ne l’écrirons donc pas.

Analyse de VAP|LAB : un chiffre à lire pour ce qu’il est

Une baisse de 7 % des ventes de cigarettes en six mois est un fait économique, pas un argument. Elle ne dit rien, à elle seule, des raisons pour lesquelles les volumes reculent : prix, achats à l’étranger, évolution des pratiques, effets démographiques. Attribuer cette courbe à une cause unique serait aller au-delà de ce que la donnée permet.

Ce qui est en revanche solidement établi, c’est la tension budgétaire. Une assiette fiscale qui se rétracte de 700 millions d’euros par an crée mécaniquement une recherche de recettes ailleurs. C’est le cadre dans lequel la fiscalité des produits nicotiniques sera discutée à l’automne, en France comme à Bruxelles, où le projet de directive sur la taxation reste sur la table. Nous suivrons ces discussions à mesure que des textes apparaîtront, et pas avant.

En bref

Questions fréquentes

Combien le tabac rapporte-t-il à l'État français ?

Les recettes spécifiques du tabac devraient passer sous 12 milliards d'euros en 2026, contre près de 15 milliards au début de la décennie, selon Les Échos du 15 juillet 2026.

Les ventes de cigarettes mesurent-elles la consommation réelle ?

Non. Elles ne comptent que les paquets vendus en bureau de tabac et ignorent les achats transfrontaliers ainsi que le marché parallèle. La mesure du tabagisme relève des enquêtes de santé publique.

Une taxe sur les e-liquides est-elle prévue en France ?

Non. L'article 23 du projet de budget 2026 a été abandonné en janvier 2026 et la loi de finances promulguée le 19 février 2026 ne contient aucune mesure sur le vapotage.

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