L’Assurance Maladie a proposé le 2 juillet 2026, dans son rapport annuel Charges et produits, d’interdire la vente de tabac aux personnes nées à partir de 2009. La mesure reprend le modèle britannique adopté trois mois plus tôt. Ce n’est qu’une proposition.
Ce que propose l’Assurance Maladie
Le rapport Charges et produits est remis chaque été au Parlement et au gouvernement, en amont de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il dresse un diagnostic des dépenses de santé et propose des mesures d’économies.
L’édition 2027 y intègre une proposition d’interdiction générationnelle : la vente de cigarettes serait progressivement interdite à toutes les personnes nées à partir de 2009, sans restreindre l’accès des générations antérieures.
C’est la première fois qu’un organisme public français de ce rang formule cette proposition.
Un rapport sans valeur normative
Le rapport Charges et produits n’a aucune portée contraignante. Il alimente le débat parlementaire, il ne le préempte pas. La grande majorité de ses propositions ne sont pas reprises.
Une interdiction générationnelle supposerait une loi, un débat parlementaire complet et probablement une notification européenne. L’échéance ne serait pas antérieure à plusieurs années.
Le précédent britannique
Le Royaume-Uni a adopté un dispositif comparable le 29 avril 2026, avec une entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2027. Les Maldives l’avaient précédé. La Nouvelle-Zélande avait voté puis abrogé une mesure de même nature.
Ces expériences sont trop récentes pour qu’un bilan puisse en être tiré. Les objections portées dans les débats britanniques tenaient surtout à l’applicabilité du contrôle et au risque de développement d’un marché parallèle.
Ce que la proposition dit du vapotage
La proposition porte sur le tabac. Elle ne vise pas les produits du vapotage, qui relèvent déjà d’une interdiction de vente aux mineurs sans limite générationnelle.
Le texte britannique, lui, traitait les deux sujets dans une même loi. Si le législateur français s’engageait dans cette voie, la question de savoir s’il suit le même périmètre se poserait immédiatement.
Un calendrier politique chargé
La proposition intervient quelques semaines avant l’ouverture des discussions sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027. C’est le moment habituel où les mesures relatives au tabac sont mises sur la table.
La ministre de la Santé a fait savoir dès le lendemain qu’elle soutenait le principe d’une interdiction générationnelle. Un soutien ministeriel ne vaut ni engagement du gouvernement ni dépôt de texte.
Plusieurs annonces comparables ont été faites sur ces sujets depuis 2025 sans jamais se traduire par un texte, à commencer par celles d’une ministre de la Santé sur les arômes et la nicotine. Nous appliquerons à celle-ci la même règle qu’aux précédentes : elle sera traitée comme une orientation tant qu’aucun projet de loi ne la porte.
Analyse de VAP|LAB : une proposition, pas une échéance
Cette annonce a été largement reprise, parfois comme si la mesure était acquise. Elle ne l’est pas : c’est une proposition figurant dans un rapport consultatif.
Nous la signalons parce qu’elle marque une étape dans le débat français, et parce que le sujet reviendra à l’automne lors de l’examen du budget de la sécurité sociale. Nous en rendrons compte à ce moment-là, sur les textes déposés.
Sources
En bref
Questions fréquentes
Cette interdiction est-elle décidée ?
Non. Il s’agit d’une proposition figurant dans le rapport Charges et produits de l’Assurance Maladie, un document consultatif remis chaque été au Parlement et au gouvernement. Il n’a aucune portée contraignante et la grande majorité de ses propositions ne sont pas reprises. La ministre de la Santé a fait savoir qu’elle soutenait le principe, ce qui ne vaut ni engagement du gouvernement ni dépôt de texte.
Les produits du vapotage sont-ils concernés par cette proposition ?
Non, elle porte sur le tabac. Les produits du vapotage relèvent déjà d’une interdiction de vente aux mineurs, sans limite générationnelle. Le texte britannique adopté en avril 2026, dont s’inspire la proposition, traitait en revanche les deux sujets dans une même loi : si le législateur français s’engageait dans cette voie, la question du périmètre se poserait immédiatement.
À quelle échéance une telle mesure pourrait-elle s’appliquer ?
Pas avant plusieurs années. Une interdiction générationnelle supposerait une loi, un débat parlementaire complet et probablement une notification à la Commission européenne. Le sujet reviendra à l’automne lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale, moment habituel où les mesures relatives au tabac sont mises sur la table.



































