La commission des finances de l’Assemblée nationale a ramené à zéro le tarif de l’accise prévue sur les e-liquides le 20 octobre 2025. L’information a été largement présentée comme un retrait de la taxe. Elle ne l’était pas : l’article 23 restait entier.
Un tarif ramené à zéro, pas un article supprimé
L’amendement adopté en commission fixait à zéro euro le montant du droit d’accise. Il ne supprimait ni l’article, ni le principe de l’accise, ni les autres dispositions de l’article 23, qui prévoyait aussi un agrément et la fin de la vente en ligne.
Concrètement, l’architecture fiscale restait créée. Un tarif fixé à zéro peut être relevé par une loi de finances ultérieure sans avoir à recréer tout le dispositif, ce qui rend le montant affiché secondaire par rapport au principe. C’est une différence de nature, pas de degré.
L’agrément obligatoire et l’interdiction de la vente à distance n’étaient pas concernés par cet amendement. Ils demeuraient dans le texte.
Un vote sans portée immédiate
Les travaux de commission préparent le débat en séance publique, ils ne le remplacent pas. Un amendement adopté en commission peut être défait en séance, et le texte examiné en séance est celui du gouvernement, pas celui issu de la commission.
Dans le cas présent, la commission des finances a de surcroît rejeté l’ensemble de la partie recettes du budget. Les amendements adoptés en son sein perdaient de ce fait leur portée.
Comment le malentendu s’est propagé
Plusieurs supports ont titré sur le retrait de la taxe. L’information était exacte sur le tarif, fausse sur l’article. La nuance suppose de connaître la procédure budgétaire, ce qui n’est pas le cas de la plupart des lecteurs.
La conséquence a été concrète : une partie de la filière a cru la partie gagnée, au moment où la mobilisation lancée quelques jours plus tôt devait au contraire se poursuivre jusqu’au vote en séance.
Ce type de confusion est fréquent dans la couverture des textes budgétaires, où chaque étape est présentée comme un résultat.
Ce qui restait à jouer
À la fin du mois d’octobre, aucune des trois mesures de l’article 23 n’était définitivement écartée. Le débat en séance publique devait s’ouvrir dans les jours suivants, sur le texte initial du gouvernement.
Les députés disposaient de plusieurs voies : supprimer l’article, le réécrire, ou n’en retirer qu’une partie. Chacune de ces options avait ses partisans, y compris à l’intérieur des mêmes groupes politiques.
Le sort de cet article pourrait dépendre moins de son contenu que de celui du budget tout entier.
Analyse de VAP|LAB : suivre la procédure, pas les titres
Un texte budgétaire ne se lit pas comme une annonce. Il passe par des étapes dont chacune a un statut différent : commission, séance publique, première et seconde lecture, commission mixte paritaire, promulgation.
Nous nous en tiendrons à cette grille : à chaque étape, quel texte, quel amendement, quel résultat de vote, et quelle est la portée réelle du vote. C’est moins spectaculaire qu’un titre sur le retrait d’une taxe, mais c’est la seule information sur laquelle un professionnel puisse raisonner.
Sources
En bref
Questions fréquentes
La taxe sur les e-liquides a-t-elle été retirée du budget ?
Non. La commission des finances a ramené à zéro le tarif de l’accise ; elle n’a supprimé ni l’article 23, ni le principe de l’accise, ni les autres dispositions qu’il contient. L’agrément obligatoire et la fin de la vente à distance n’étaient pas concernés par cet amendement. L’information était exacte sur le tarif, fausse sur l’article.
Un tarif fixé à zéro équivaut-il à une absence de taxe ?
Non, et c’est une différence de nature. Le tarif est nul, mais l’architecture fiscale reste créée. Un montant à zéro peut ensuite être relevé par une loi de finances ultérieure sans avoir à recréer tout le dispositif. C’est précisément ce qui distingue un tarif ramené à zéro d’un article supprimé.
Un vote en commission décide-t-il du sort d’un article de budget ?
Non. Les travaux de commission préparent le débat en séance publique sans le remplacer, et le texte examiné en séance est celui du gouvernement, pas celui issu de la commission. Dans ce cas précis, la commission des finances a de surcroît rejeté l’ensemble de la partie recettes du budget, ce qui faisait perdre leur portée aux amendements adoptés en son sein.








































